Les divers phases historiques de l’Iran

L’histoire de l’iran ou de la Perse est une des plus anciennes au monde. Leur culture,  leur langue et leur religion ont laissé de fortes empreintes dans le pays jusqu’à aujourd’hui. 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo : Apadana, la salle d’audience du palais du roi Darius Ier.

Je suis allée en Iran à Téhéran il y a 20 ans en groupe avec l’organisation grecque Apan. Nous étions plongés du début à la fin dans l’histoire de la ville et des alentours. Voilà plus bas ce que je retiens de la longue histoire perse ou iranienne.

L’histoire de la Perse, c’est voir le déroulement de l’histoire de la civilisation humaine sur des millénaires. Son histoire est marquée par des empires, des transformations religieuses et une société naviguant sans cesse entre la tradition et le changement. Pour comprendre véritablement ce pays fier de lui, nous devons comprendre ses périodes déterminantes. L’histoire de la Perse remonte à l’antiquité bien avant que les Grecs anciens s’élancent dans la philosophie.

Les Élamites : L’histoire des Élamites commence 3000 ans avant J.C. et prend forme dans le sud-ouest de l’Iran avec sa capitale à Suse. Ils ont développé des systèmes d’écriture avancés et ils ont construit des œuvres architecturales monumentales comme les ziggourats (genre de temples pyramides) et puis, leur pouvoir politique disparaît au 5ᵉ siècle avant J.C.

L’empire achéménide.  Un nouvel empire apparaît. C’est l’empire achéménide en 550 av. J.C. avec Cyrus le Grand qui a uni les tribus iraniennes (tolérance religieuse et culturelle respectée) et qui a établi le réseau d’un empire colossal. Cette approche révolutionnaire du pouvoir a été consignée sur le célèbre Cylindre de Cyrus, souvent cité comme un document sur les droits de l’homme. Sous Darius Iᵉʳ, l’empire s’étend pour devenir le plus grand au monde à l’époque. Cependant, il tombe finalement aux mains du roi grec macédonien Alexandre le Grand en 330 av. J.C., ce qui entraîna une période d’influence grecque (séleucide) significative. Même lorsque Alexandre le Grand et ses successeurs sont partis, la culture locale ne s’éteint pas. Elle s’accroche, s’adapte en survivant, en combinant des éléments de nombreux mondes. Le pays est un véritable creuset de civilisations et de cultures.

 

 

Les guerres médiques opposent les Grecs  aux Perses de l’ Empire achéménide au début du 5e sc av. J.C.

 

 

Les empires Parthe et Sassanide. Les empereurs parthe ou arsacide du 3e sc après J.C sont appelés ΒΑΣΙΛΕΩΣ ΜΕΓΑΛΟΥ (« fils du grand roi”). Mithriade 1er agrandit l’Empire en prenant la Médie et la Mésopotamie aux Séleucides et il s’oppose à l’Empire romain dominant des sections clés de la Route de la Soie, une artère essentielle du commerce et des échanges entre l’Occident et l’Orient. En 224 après J.C., l’Empire sassanide prend le relais. Il établit un État centralisé et fit du zoroastrisme (première religion monothéiste) la religion officielle renforçant ainsi une forte identité perse.

La conquête islamique et les invasions étrangères. Au 7e siècle, les armées arabes musulmanes arrivent à vaincre les Sassanides, apportant l’islam dans le pays et modifiant ainsi complètement l’ordre établi. Εn effet, le prophète Mohamet porte des campagnes militaires pour unifier les peuples de l’Arabie etc. Plutôt que de perdre son identité, l’Iran adopte cette nouvelle religion monothéique similaire à celle des Grecs, lesquels ont laissé derrière eux les Dieux d’Olympe pour adopter le christianisme (dès le 4e sc après J.C). La culture, la langue et les savants perses ont joué un rôle crucial dans l’apogée de l’islamisme (du 8e au 10e sc).

Les invasions des seldjoukides et des mongoles. L’Iran a ensuite vu l’ascension de l’Empire des Seljoukides turcs, suivi par les dévastatrices invasions mongoles dans les années au début du 13e sc. Malgré la destruction massive qu’ils ont provoquée, l’identité centrale de l’Iran a persisté car ses habitants sont restés fidèles à leur culture, leur langue et leur religion. Les mongoles se sont alors finalement convertis eux-mêmes à l’islam et ont adopté les méthodes de gouvernance persanes plutôt que de changer le cœur des Perses.

L’Iran adopte l’islam chiite. Fondé tout au début du 16e siècle, l’Empire safavide prend une mesure d’une importance majeure en déclarant l’islam chiite comme religion d’État et en se distinguant des autres musulmans très majoritairement sunnites. Cette époque est définie comme le berceau de l’identité iranienne moderne, avec la ville d’Ispahan qui devient le grand centre culturel et économique des Perses.

La pression des étrangers au 18e siècle. À la fin du 18e siècle, l’Iran est de plus en plus impliqué dans les nouveaux courants de la géopolitique moderne de l’Occident et de la Russie grandissante qui font pression sur la dynastie Qajar turcmène pour le contrôle des terres et des ressources iraniennes. Les tensions entre réforme et tradition continuent de croître au sein de la société. À la suite de la révolution constitutionnelle de 1906, Reza Shah Pahlavi non turcophone prend le pouvoir en 1925 et lance un programme de modernisation. Dix ans après, il renomme officiellement le pays « Iran » (depuis le période sassanide) mettant ainsi de côté le terme Perse, dérivé du grec.

Le coup d’État de 1953 et les intrusions étrangères. Un moment crucial d’intrusion occidentale aux conséquences durables s’est produit lorsque les services de renseignement britanniques et américains ont orchestré un coup d’État afin de renverser Mohammad Mossadegh après qu’il ait nationalisé l’industrie pétrolière iranienne. Une modernisation rapide arrive mais elle apparaît parallèle à une répression totale contre l’islamisme. 

 

 

 

 

 

 

De la monarchie à la théocratie avec l’Ayatollah Khomeini. Le mécontentement envers le règne du Shah a finalement éclaté avec un soulèvement national dirigé par l’Ayatollah Khomeini  (photo plus haut). La monarchie est abolie et la République islamique iranienne est finalement établie en 1979. C’est un changement dramatique pour l’Iran autrefois officiellement laïque, malgré les racines profondes de l’islam au sein de la société iranienne.

La guerre Iran-Irak (1980-1988) et le renforcement de la république islamique.  L’Iran est entraîné dans un conflit dévastateur avec l’Irak, pays voisin. La guerre, déclenchée par l’invasion de l’Irak est alimentée par de profondes tensions politiques et idéologiques (Iran chiite contre Irak sunnite). En 1989, Ali Khamenei est le successeur en tant que Chef suprême guidant l’Iran avec une forte résistance à l’influence occidentale. Une priorité continue est donnée à la souveraineté nationale et à l’indépendance idéologique.

Le programme nucléaire de l’Iran a commencé dans les années 1950 pour l’énergie civile mais il a été relancé dans les années 1980 puis étendu après 2002 comme une démarche stratégique pour assurer la survie du régime iranien. C’est un moyen de dissuasion contre les menaces extérieures des États-Unis et d’Israël. Aujourd’hui, la tension persistante dans les relations entre les États-Unis et l’Iran reste un point central de la politique mondiale depuis 10 ans.

Ma conclusion :  Dans son vaste contexte historique, l’Iran a un fort esprit d’indépendance, profondément enraciné sur son sol. L’histoire de l’Iran est une histoire particulièrement vivante donc toujours en évolution. Des dirigeants et des révolutions se sont levés et sont tombés pour, à chaque fois, remodeler la nation. La continuité culturelle persistante la lie indéniablement, faisant de l’Iran un pays unique et captivant. Son histoire riche continue de guider sa politique et sa culture.

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