Les montagnes d’Agrafa au centre de la Grèce

Les montagnes d’Agrafa en Grèce centrale n’ont été que très tard cartographiées et elles ne constituent pas encore une région touristique. Le village de Vragyiana à voir.

 

 

 

 

Où sont les montagnes d’Agrafa ? Ces monts sont comme un labyrinthe à plusieurs sommets devant appartenir au sud de la grande chaîne du Pinde. Ils se trouvent à l’ouest du lac Plastira (à l’ouest de la ville de Karditsa) et au nord de la ville de Karpénissi. Agrafa signifie en grec “Non écrit”. Ce mot a été donné par les dirigeants du moyen-âge en Grèce, vu qu’ils ne pouvaient cartographier et donc maîtriser cette région aux reliefs et météos compliqués. Ceci a donc permis aux Grecs de pouvoir organiser leur guérilla révolutionaire de 1821 à 1827 contre le lourd joug ottoman (1453-1828). Le dernier héros de la Révolution Grecque G.Karaϊskakis avec ses compatriotes préparait son dernier combat entre Karpénissi, Arachova et Agrafa avant que les alliés Angleterre-France-Russie chassent à jamais les Turcs Ottomans de la Méditerranée, à l’ouest de l’Egée.

Où loger dans la région d’Agrafa ? En octobre 2013, pour un périple de 3 jours (week-end prolongé), je suis partie dans cette région avec mon mari et un couple d’amis randonneurs qui avait une bonne jeep. Ces derniers voulaient revisiter cette région difficile avec nous et nous avons accepté. J’avais réservé à l’avance au Guesthouse Irida situé dans le village de Vélokomiti, à 2 km de Néochori, l’ancien chef-lieu d’Agrafa. Ce complexe était sympa avec une super vue sur la nature montagneuse Agrafiote mais nous n’y restions que le soir après nos visites que je décris plus bas.

L’indomptable Agrafa. Les villages d’Agrafa ont appris dès le moyen-âge à survivre dans ses versants inaccessibles. Ses habitants, pour la plupart éleveurs de caprins, étaient aussi rudes que leurs montagnes. En effet, dès le 8e siècle, les percepteurs d’impôts et les iconoclastes Byzantins n’ont jamais réussi à s’imposer et dès la Turcocratie (du 15e sc au 19e sc), les Ottomans laissaient les Agrafiotes tranquilles. Le célèbre voyageur français François Pouqueville parlent au début du 19e sc de 180 villages prospères où vivaient quelques dizaines de milliers d’habitants.

La nature d’Agrafa. Les fleuves Achéloos, Agrafiotis, Megdovas et Sperchios jaillissent de ces hauts monts pour couler interminablement au fond des gorges avec leurs vallées verdoyantes. Mais, la meilleure période pour découvrir cette région, c’est en automne, tout début Octobre. Les hêtres sur les versants montagneux commencent à prendre les charmantes couleurs de la terre. Les églantiers, les platanes et les saules ajoutent leurs propres tons. Les habitants vont faire descendre leur bétail dans les plaines de Thessalie, d’Agrinio ou de Lamia pour l’hiver.

La faune et la flore d’Agrafa. La flore de la région montagneuse d’Agrafa comprend plusieurs centaines d’espèces et sous-espèces. Les versants montagneux sont couverts de denses forêts mais aussi de petits bois. Agrafa comprend beaucoup de mammifères sauvages dont des loups, des chevreuils, des cerfs et des sangliers. L’ours brun avait disparu depuis 50 ans dans la région mais il est revenu. L’avifaune est appréciable avec une bonne population d’aigles royaux, de circaètes (chasseurs de serpents) et de vautours. Μalheureusement, je vois que le démantèlement des biotopes et la continuelle chasse illégale limitent systématiquement le faune sauvage.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le village de Vragyiana (photo plus haut à gauche). Du sud du lac, toujours en jeep tout terrain, on prend la petite route vers Vragyiana – Κarvassara (il y a des panneaux indicatifs). Au bout de 2 kms, au carrefour, on prend une route à droite qui nous emmène au village isolé de Vragyiana. C’est un village à 1000 mètres d’altitude avec très peu d’habitants. La place est sympa avec son café-taverne. Les visiteurs peuvent visiter les vieilles églises d’Aghios Dimitrios (contruite en 1550, photo plus haut à droite) et d’Aghia Paraskevi (contruite en 1580, photo plus bas). À ce jour, cette dernière est bien préservée avec ses icônes de 1647. La vue sur les pics de montagnes d’Agrafa du nord de peut-être 2000m d’altitude est magnifique. On voit de loin le monastère Pélékitis (que j’ai déjà visité il y a quelques années lors de mon périple autour du lac Plastira). Nous prenons un peu plus tard la route vers le nord mais il n’y a plus d’asphalte. Le paysage devient aride et on aperçoit des vaches dans les champs inclinés.

 

 

 

 

 

 

 

 

La chapelle de Aghios Nikolaos. Nous nous dirigeons vers la route pas trop longue vers la sobre petite église de Saint Nicolas avec son clocher à l’extérieur. Nous sommes désormais à 1600m d’altitude. Nous marchons un peu pour admirer les splendides paysages montagneux autour de nous. Nous n’avance pas trop car on entend des chiens gardant un troupeau de chèvres. Ces chiens ne sont pas habitués à voir des étrangers et ils pourraient nous sauter dessus.

L’ «Ellinomoussio» de Vragyiana. Localisé à Gouva dans le village de Vragyiana, en 1662, la célèbre “École du Genre grec” a été fondée pour l’enseignement supérieur. Le fondateur est Eugène Giannoulis Aitolos (1597-1682), grand professeur et supporter de l’Orthodoxie. Les grands hommes de lettres sortis de cette Ecole dont Anastassios Gordios (1654-1729) se sacrifiaient pour l’enseignement des lettres sous l’aile de la Chrétienté orthodoxe. Ce travail se faisait pour tous les génerations de Grecs, pour qu’ils gardent la conscience grecque et l’identité grecque dans cette occupation Ottomane depuis 200 ans déjà à l’époque. La bibliothèque de cette école comprenait 4.000 ouvrages. Cette école pouvait contenir jusqu’à 3.000 élèves. Le village a été détruit lors de la révolution de 1770 et puis il a été brûlé en 1808 par les Turcs voulant le célèbre et téméraire klephte grec Antonis Katsantonis.

L’église d’Aghios Ioannis le Théologue de Vragyiana est historique. Ses peintures murales et ses icônes du début du 17e sont remarquables. On peut visiter le hameau de Zervomachala avec ses belles vieilles maisons et celui de Valari se cachant derrière une forêt et les roches du Mont Itamos. A cet endroit, il y avait un moulin pressant la poudre à fusil et un atelier où on fabriquait des épées.

Il y a beaucoup d’autres lieux encore plus hauts en montagne, des lieux isolés mais j’ai refusé devant mes amis de prendre des chemins plus risqués. En fait, je voulais profiter tranquillement de mon week-end. Aimeriez-vous visiter vous aussi la région vierge d’Agrafa ?

 

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