Architecture grecque des îles de l’Egée

L’architecture grecque des maisons traditionnelles des îles grecques de l’Egée est un héritage précieux que les Grecs et les touristes veulent garder pour toujours.

 

 

 

 

Au fil de toutes ces années de voyage, je ne lasse jamais de regarder les vieilles maisons traditionnelles des îles de la mer Egée. Beaucoup ont été détruites ou défigurées dans les années 60 et 70 et on ne n’en voit plus beaucoup sauf dans des villages abandonnés des îles. J’ai remarqué une initiative grandissante mais encore maigre depuis 20 ans qui est de rénover les vieilles maisons de Santorin et d’autres iles touristiques.

Les petites maisons à une salle sont présentes depuis des siècles. C’est le type de domicile le plus ancien, le plus comode et le plus répandu dans les sociétés des îles de la mer Egée. Ses habitants avaient besoin de peu de choses sur ces terres insulaires arides car durement balayées par le vent. La pierre et le bois ont toujours été les matériaux de base pour la construction de ces maisons. Et puis, la chaux, le sable, les terres argileuses, la terre de Santorin et les algues ont pris place.

L’histoire de ces mono-bâtisses. Durant les invasions fréquentes et destructrices des pirates entre le 16e et 17e siècle, les habitants Grecs du Dodécanèse devaient construire leurs petites maisons à l’intérieur des “murs” de protection du village. La maison à une seule salle est limitée à l’installation d’une seule famille et la surface de la demeure ne dépassait pas 3,5m sur 7m. Le plus difficile est que la maison devait aussi assurer l’abri aux vivres (aux grains) et aux animaux (photos plus bas d’Ismail à Tinos).

 

 

 

 

 

La diffusion des maisons à une salle dans le grand complexe des îles du l’Egée a ses racines depuis l’époque des Chevaliers et c’était un droit coutumier de ces îles. Selon ce droit, la maison ainsi que toutes les biens de la mère de famille était cédés à l’ainée des filles du couple. Cela ne signifie pas que les éventuelles soeurs de cette dernière n’avaient pas leurs petites maisons à une salle.

La transformation de ces maisons jusqu’au 20e sc. Ces foyers évoluent dans une architecture plus complexe avec des formes composées et des dimensions diverses. Quelquefois, ces logis avec un toit en coupole (comme à Santorin) ou un toit plat (terrasse) s’appelant “doma” (comme à Rhodes et en Crète). Jusqu’au début du 20e siècle, la maison à une salle, avec le type extensif Katoϊ et Anoϊ (demeure à deux étages : Katoϊ (rez-de-chaussée) et Anoϊ (premier étage)) est la nouvelle demeure insulaire de la mer Egée. Elle est préservée et protégée par le pays en tant que Maison traditionnelle.

A l’époque Ottomane (16e au 19e sc), ces maisons à un étage se trouvaient dans un cadre institutionnel assez singulier pour les Cyclades. Les conditions de l’époque et la limitation de l’espace disponible demandaient aux propriétaires de modifier leurs demeures. Le manque de place et de matériaux ainsi que le besoin d’adaptation de l’édifice selon la morphologie des terrains donnaient souvent l’impression que les voisinages habitaient ensemble. Les rapports étroits entre les voisinages renforçaient souvent une pratique qui voulait que la construction d’une maison ait un réseau d’amis et de gens de la famille du propriétaire.

Petit à petit, la fonctionnalité de la maison change. La loi interdit les animaux à l’intérieur de l’agglomération villageoise. Au rez-de-chaussée ou katoϊ, la famille continue cependant à amonceler ses récoltes, à faire tous les corvées hivernales et à cuisiner près de la cheminée. Dans l’espace le plus à proximité de la maison, il y avait la citerne (“Yisterna” comme à Astipalaia) qui recueille l’eau de la pluie, le poulailler et les toilettes (“Apopatos” comme à Ios) et plus rarement le four extérieur.

Les maisons à étage. Au premier étage ou Anoϊ, on y allait en montant un escalier en pierre à l’extérieur et on arrivait directement sur une terrasse (“Boudi” comme à Ios) où les membres de la famille se retrouvaient éventuellement avec leurs amis, quand le temps le permettait. A l’intérieur du premier étage, il y avait une salle avec arcade qui ne “s’ouvrait” que pendant les jours de fêtes, de célébrations de famille éventuellement avec des amis. Un peu plus au fond, il y avait la chambre à coucher (le “sofos” à Astypalaia ou le “soufos” à Karpathos) sur une estrade en bois d’un mètre environ où on montait avec une échelle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les communes maisons traditionnelles.  Dans un côté de la salle, il y avait le lit ou “krevatos” (à Astypalaia, Kalymnos , Léros), “amousadra” ou “pataros” (à Rhodes) et sous l’estrade, il y avait une coin de réserve d’aliments ou “apokrevatos” (à Rhodes). De l’autre côté, dans un petit coin, on avait la cheminée (pour faire la cuisine) ou “parastia” (à Ios, à Kalymnos) ou “koumelo” ou “tsimnia” (à Rhodes). Et puis, sur les cloisons, on trouvait des crochets pour pendre les vêtements, des placards et étagères pour la vaisselle ou autres (photo plus haut d’une maison de l’île de Kassos). Enfin, le plus typique, c’était la mini iconostase avec la Vierge et le Christ.

Les riches maisons du 18e siècle de l’Egée, dans les Cyclades et le Dodecanese… bref, là où on remarquait un développement économique et culturel, il y avait déjà des meubles apportés de l’ouest de l’Europe (n’oubliez pas que les capitaines de bateaux des îles voyageaient dans toute la Méditerranée). Les maîtresses de maison de familles aisées voulaient “habiller” et décorer leurs maisons. Des tissus, des broderies, des assiettes, des pichets (comme on peut encore le voir à Rhodes) ainsi que des décors peints sur les plafonds et des malles simplement posées sur le sol sculptées (comme à Astypalaia) ou avec des dessins peints dessus de bateaux et de fleurs (comme à Léros). Des chaises type viennoises (comme à Patmos) et des broderies (comme à Olympos de Karpathos). Toutes ces choses étaient non seulement utiles mais elles avaient pour les propriétaires une valeur esthétique, une note de prestige et de charme.

Avez-vous remarqué, comme moi, des maisons traditionnelles typiques des îles grecques de l’Egée, telles que je les décris ?

 

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