Le massacre de Chios en 1822

La révolution à Chios a eu lieu partout en Grèce dès 1821. C’est une guerre pour lutter contre les Turcs mais les massacres en Grèce sont nombreux dont le massacre de Chios.

 

Le début de la révolution grecque contre l’occupation des Turcs. Après la chute de l’empire byzantin avec la prise de Constantinople en 1453 par les Turcs Ottomans, les Grecs vivaient sous le joug des Ottomans avec son sultan. À la fin du 18e et au début du 19e siècle, des Grecs libéraux et sensibles aux idéaux de la Révolution française, commencent à rêver d’indépendance. Finalement, la première insurrection décisive commence au Péloponnèse. La révolution du Péloponnèse et de la Grèce centrale est vite transmise aux îles de la mer Égée. D’abord l’île de Spetsès se rebelle avec Bouboulina en avril 1821 et puis, l’île d’Hydra prend la relève. S’ensuivent les îles de Psara, Samos, Kassos et certaines îles du Dodécanèse.

Les grecques comptent sur leur expérience navale et leur rapidité. Les îles prêtes à combattre participent au grand soulèvement de 1821. Les navires grecs, bien que moins nombreux et de plus petite capacité que ceux des Ottomans, sillonnaient en dominant la mer Egée en Méditerranée et en mer noire. Les marins grecs arrivaient à assièger châteaux et commandos côtiers avec le soutien des batailles terrestres. Des techniques et actions importantes en mer ont été mises en place par les Psariens Dimitrios Papanikolis et Konstantinos Kanaris ainsi que par Andreas Miaoulis d’Hydra.

La tentative de révolution grecque à Chios. Chios avait une communauté grecque importante (de 110.000 habitants) et elle prospèrait avec la culture du mastic. Elle jouissait de grands privilèges de la part des Ottomans. Ceci dit, en 1822, la population connaissait l’oppression turque ottomane avec le cruel pacha Vahit. Pour empêcher une éventuelle révolution, des troupes d’Asie avaient été transférées sur l’île et le Pacha Vahit menaçait la population grecque de Chios (travaux forcés, attaques des Turcs avec le couteau, violences, meurtres et kidnaps ect). En mars 1822, Chios se rebelle avec seulement deux mille hommes débarquant de Samos avec le résistant Lycourgos Logothétis car l’intervention du gouvernement est trop tardive. L’issue du soulèvement est mis en péril.

Le massacre de Chios. L’insurrection met le sultan en colère le Sultan Mahmoud II. Il pense que les les habitants de Chios l’ont trahi et que sa soeur va perdre les gains des taxes de la production du mastic de Chios. Il ordonne tout de suite le meurtre de trois grands représentants des communautés grecques de Constantinople et de 60 grands marchands grecs.

Et puis, la flotte turque composée d’une quarantaine de navires bombardent la ville de Chios et la flotte ottomane dirigée par le vice-amiral et pasha Kara Ali débarque vite à Chios (à proximité de la Turquie) avec 7.000 soldats le 30 mars 1922. Ne trouvant que peu de résistance, l’armée ottomane commence les importants pillages et massacres des innocents civils de l’île de Chios. Les Ottomans incendiaient les maisons et tuaient tous les enfants de moins de 3 ans, tous les hommes âgés de 12 ans et plus et toutes les femmes âgées de 40 ans et plus. En fin de compte, la majorité de la population grecque de l’île a été massacrée ou capturée alors qu’une partie de la population a réussi à s’enfuir vers Psara, les Cyclades et le Péloponnèse. Seulement 2.000 grecs sont comptés parmi les survivants sur l’île. Plus précisément, presque tous les habitants de Chios, sauf les garçons de 3 à 12 ans et les femmes de 3 à 40 ans qui ont été capturés et vendus par les marchands d’esclaves juifs sur le marché aux esclaves de Constantinople ont été impitoyablement massacrés. J’ai lu que des camions de têtes et oreilles coupées sont montrées aux autorités turques. Des enfants grecs chrétiens sont tués après l’achat au marché aux esclaves pour que le propriétaire musulman aille au paradis (selon le coran).

L’horreur du massacre en chiffres. Sur les 110.000 habitants de Chios,

  • 20 000 ont survécu (5.000 absents ce jour-là et 16.000 à Psara)
  • 45 000 sont massacrés,
  • 45 000 ont été vendus comme esclaves.

L’explosion d’un vaisseau amiral turc. Après le massacre et la destruction de l’île de Chios le 30 mars 1822, l’armée marine grecque veut se venger en frappant quelque part la flotte turque. Dans ce but, une grande armada de 65 navires des îles d’Hydra (dont le chef est Miaoulis), de Psara et de Spetsès est formée. Deux bateaux-brûlots, un de Psara sous le commandement de Konstantinos Kanaris et un autre d’Hydra sont à la recherche de la flotte turque. Ils sont accompagnés de quelques bateau à voiles. Ils ont choisi la nuit sans lune du 6 au 7 juin 1822. Les officiers turcs étaient rassemblés dans les salles du navire amiral illuminé pour célébrer la fin du Ramadan. Kanaris réussit à accrocher son brûlot au navire amiral turc. Ce dernier commença à brûler comme un feu d’artifice. Kara Ali est mortellement blessé. Les 2000 hommes à bord du navire quittent le bateau. Les complices grecs rentrent sains et saufs et leur retour à Psara est triomphant (tableau plus-bas du grand peintre grec Nikiforos Lytras)


Le philhellénisme réveillé en Europe. Les évènements monstrueux de Chios avec les dizaines d’esclaves vendues sont décrits dans les journaux en l’Europe de l’ouest. Le massacre de Chios et puis l’explosion d’un vaisseau amiral turc par Kanaris avec la mort de Kara Ali a influencé l’opinion publique en Europe sur le suspens du développement de la révolution grecque. Les Européens ont réalisé que les Grecs étaient les victimes et les héros d’un combat inégal. Beaucoup d’Européens parlent de l’incompatibilité de la belliqueuse turquie avec l’humanisme et de l’inexorable incompatibilité entre chrétiens et musulmans.

 

 

 

 

Nombre de philhellènes sont venus en Grèce afin de se rebeller et/ου pour renforcer les troupes grecques. La tragédie de la révolution grecque de 1821 à 1827 inspire les artistes et écrivains européens comme Victor Hugo. Le grand peintre français Eugène Delacroix décrit le massacre  de Chios et son tableau exposé à Paris joue un rôle important dans la sensibilisation du public sur la lutte révolutionnaire des Grecs contre le joug ottoman (photo tout en haut).

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