Les vols d’antiquités grecques

Les vols d’antiquités grecques sont systématiques depuis la conquête romaine. Arrivés en Europe, les collectionneurs d’antiquités ont fait connaitre la civilisation grecque aux occidentaux mais à quel prix ?

 

Tellement d’antiquités ont été volées qu’elles remplissent non seulement des centaines de villas mais aussi d’importants musées de nombreuses villes du monde : le British museum, le Louvre, le Métropolitain de New York etc. Suite à ces faits, si les Européens parlaient et parlent dans le meilleur des cas de “protection” des oeuvres d’art grecques, je pourrais alors parler de l’origine des acquisitions autrement dit de vandalisme. Les antiquités appropriées illégalement devraient rester dans le pays d’origine afin que le pays vise vers l’intégralité de son héritage national culturel sur son sol.

Voyons quelques exemples de vols d’antiquités grecques ….

Les colonnes du temple d’Olympieion à Rome. En 86 av. JC., quand les villes grecques sont tombées sous la domination romaine, le général Cornelius Sylla porta des colonnes du temple d’Olympieion Zeus (du 6e sv av.J.C., dont la construction était inachevée) à Rome dans le but de décorer les bâtiments du Capitole. La seule chose positive est que ces colonnes ont influencé la propagation du style grec corinthien à Rome.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les chevaux de cuivre de Byzance a Venise (photo plus haut à gauche). Suite à la chute de Rome en Occident, la nouvelle Rome prend sa place avec Contantin 1er au 4e siècle à Byzance (aujourd’hui Istanbul). Des sculptures datant de l’antiquité classique grecque soi-disant du sculpteur Lysippe (4e sc av.J.C.) ont été placées sur une tour au-dessus des portes de l’Hippodrome. Les chevaux ont ensuite été enlevés par les Latins en 1204 lors de la chute de Constantinople et ils ont été placés par les Vénitiens sur la basilique Saint-Marc à Venise.

La renaissance et l’intérêt pour l’art antique grec. Les Européens sortent d’un sombre moyen-âge et la renaissance apparaît à partir du 15e sc. On s’intéresse à l’humanisme (à nos états d’âme), à la nature et à l’anatomie humaine déjà cultivés par les Grecs de l’Antiquité. Les Européens se penchent alors sur l’architecture de la Grèce antique. L’architecture grecque et puis romaine influencent donc l’architecture et l’expression artistique dans la construction des bâtiments européens dont les églises bien sûr.

Les marbres du comte d’Arundel à Oxford (17e sc). Thomas Howard a été le premier grand collectionneur d’antiquités et de tableaux. Dans beaucoup de pays, il avait des associés, des diplomates anglais, de bons commerçants autour de lui afin de s’approprier les meilleurs oeuvres d’art dont celles d’Asie mineure en ce qui concerne la Grèce. Il a pris beaucoup de marbres avec des inscriptions dont la “Chronique de Paros” qui évoque des événements de l’époque archaϊque et antique. Ces marbres font aujourd’hui partie de la collection de l’Ashmolean au musée de l’Université d’Oxford.

Le lion de Delos à la tête de chien à Venise. Au 17e sc, le commandant vénitien Francesco Morosini s’en prend aux occupants turcs Ottomans installés en Grèce depuis 1453. Le Parthénon de l’Acropole à Athènes explose. Morosini arrive à conquérir certaines régions et arrive sur l’île-musée de Delos, il s’empara de certains des grands lions de marbre qu’il a trouvés sur la majestueuse voie antique d’Andiron. Aujourd’hui, à l’arsenal de Venise, on peut voir le corps du lion grec avec l’ajout d’une tête de chien !

Les explorateurs Européens du 18e sc prennent quelque chose de Grèce. Dans l’empire ottoman, de riches voyageurs et des riches de la haute classe sociale occidentale font de grandes visites sur les sites archéologiques et essaient d’acquérir, par tous les moyens possibles, quelque chose de grec ancien : des statuettes, des vases, des statues mais aussi des frises de temple dans l’objectif de les exposer dans leurs grandes demeures, de retour chez eux. Le fait de posséder un morceau d’antiquité était considéré comme signe de richesse ou/et d’amour pour les civilisations anciennes. C’était enfin et surtout pour se distinguer : avoir l’objet archéologique original que personne d’autre ne pouvait avoir.

Le vandalisme organisé (1780-1815). Toujours sous la domination ottomane, des groupes organisés d’Angleterre et de France volent, profanent et détruisent des monuments d’Asie Mineure, de Grèce et d’Egypte. Les raids sont organisés (de plusieurs pays ensemble) et puis, les recherches individuelles ont aussi la dynamique du collectif. Avec la protection des favorisants firmans ottomans, Lord Elgin, en quelques années, démontent et cassent les frises de marbre du Parthénon de l’Acropole. Elles se trouvent aujourd’hui au British museum. On peut aussi penser à Louis François Sébastien  Fauvel qui fouillait sans casser pour Choisseul-Gouffier. Ce dernier était ambassadeur à Constantinople. Une métope de la facade sud du Parthénon se trouve au musée du Louvre (photo plus bas à gauche). Fauvel met fin aux pillages d’Elgin mais ne réussit pas à entraver le départ vers l’Angleterre des objets pris du Parthénon.

 

 

 

 

 

 

 

Les aristocrates et généraux étrangers pillent les monuments antiques.  Ils dérobent des parties importantes du temple d’Apollon Epicourios à Bassae dans le Péloponnèse. Ils décrochent aussi les 13 statues du fronton du temple d’Aphaïa àEgine, lesquelles se trouvent aujourd’hui à la Glyptothèque de Munich.

Luigi Cesnola à Chypre (19e sc). C’était un archéologue amateur italo-américain et l’ambasseur américain à Chypre qui, à la fin du 19e sc, a organisé des fouilles illégales sur sol chypriote sans l’autorisation des occupants Ottomans. Quelques galeries du Metropolitan Museum of Art à New York exposent environ 600 antiquités que son premier directeur, Luigi Palma di Cesnola a déterrées à Chypre (une photo plus haut à droite). Les archéologues chypriotes disent que près de la moitié des trésors grecs ont été montés clandestinement sur des bateaux direction les Etats-Unis et autres pays collaborant avec Cesnola.

Le nouvel Etat Grec interdit le vol d’antiquités (1934). Le contrôle du vol d’Antiquités grecques était difficile sous le joug turc ottoman (1453-1833) puisque les puissances non grecques jouaient au poker avec les antiquités sur sol grec. Le roi Othon et puis le gouverneur du nouvel Etat grec Ioannis Kapodistrias se pressent pour lancer une loi stipulant que toutes les antiquités sur le sol grec sont évidemment propriété de l’État grec.

La protection des antiquités grecques pendant la guerre 40. Les Allemands arrivent soudainement en avril 1941 mais les Grecs ont déja pris des précautions plusieurs mois auparavant. Des caves sont construites avec des dalles de ciment au dessus. Les grands trésors (statues etc) sont donc protégés sous terre sous les musées et banques ainsi que dans des tombes. Pour les trésors sur sol grec n’ayant pu être cachés, ils ont été enfermés dans des coffres dont les clés étaient en possession d’archéologues grecs. Ceci n’empêcha pas l’ambassadeur nazi Walther Wrende de travailler pour le parti et des fouilles illégales ainsi aue des vols ont eu lieu durant les quatre années d’occupation allemande.

Des archéolgues grecs essaient de protéger les antiquités. Nikolaos Platon a sauvé les objets exposés au Musée d’Héraklion, dont l’édifice a été gravement endommagé pendant la deuxième guerre mondiale. Spyridon Marinatos (professeur de l’Université d’Athènes) en 1947 est en Allemagne pendant plus de deux mois pour faire obstacle aux Alliés russes. Tous voulaient prendre quelque chose de Grec dans cette Allemagne détruite. Marinatos trouve des antiquités et les ramène en Grèce.

Résumé : Le vol d’antiquités grecques a existé après la 2nde guerre mondiale jusqu’à aujourd’hui mais le service de l’Archéologie grecque surveille mieux. Il a bien sûr du mal a vraiment tout contrôler depuis ces dernières 180 années sur tant de sites… et durant les siècles passés, c’était encore plus difficile puisqu’il n’y avait pas d’Etat grec. Des milliers d’objets, de statues et autres ont disparu à jamais : ils ont été emportés par les grands/petits explorateurs, archéologues et même par des particuliers qui emportaient ne serait-ce qu’un petit objet antique. Des centaines et centaines d’antiquités ont sombré au fond des mers… Une partie de l’héritage grec a disparu à jamais même si les Grecs s’attachent à rapatrier tout ce qu’ils peuvent maintenant, d’autant plus que les conditions de préservation sont désormais adéquates au maximum en Grèce Je pense aux marbres du Parthénon au British museum par exemple (photo tout en haut)

Pensez-vous que la Grèce devraient reprendre tous ses trésors volés illégalement puisqu’elle demande leurs retours ? 

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