Les leçons de Thucydide et la doctrine Donroe

La doctrine Donroe et les propos du grand stratège et homme politicien grec de l’antiquité appelé Thucydide sont toujours d’actualité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La doctrine Donroe est une stratégie de politique étrangère du président américain formulée en 2025 et visant la prétention au pouvoir d’un continent américain Don(ald) Trump-iste et non plus “Monroe-iste”. Tout début 2026, la capture de Nicolas Maduro au Vénézuela par les forces américaines (ainsi que les avertissements du président américain Donald Trump à Cuba et en Colombie) me fait déclencher un débat qui me rappelle celui qui a été écrit par le grand Thucydide, le père du réalisme politique, à travers les siècles en Europe. Je me réfère aux Dialogue des Méliens dans l’unique oeuvre que Thucydide a écrit à la fin de l’Antiquité au Ve siècle avant J.-C.

Le Dialogue des Méliens. Le cœur encore d’une réalité ou vérité de Thucydide est relatée dans le Dialogue des Méliens. Lorsque Athènes, la superpuissance du 5e siècle avant J.C exigea que la petite île grecque de Mélos ( = Μilos) se rende, les Athéniens ont célébré l’ignorance des appels à la justice, déclarant : «Ὁ μὲν κρείττων τὰ αὑτοῦ ποιεί, ὁ δὲ ἥττων τὰ αὑτοῦ φέρει” traduit en français : “Les forts font ce qu’ils peuvent et les faibles subissent ce qu’ils doivent subir”

La loi du plus fort. La déclaration récente du président Trump selon laquelle les États-Unis vont «nettoyer le Venezuela” de la mafia du narcotrafic constitue une excuse pour appliquer la logique moderne et emblématique de la doctrine Don-roe. Le chef des Etats-Unis contourne la Charte des Nations Unies qui constitue l’instrument du droit international. J’ai compris que dans l’hémisphère occidental, le pouvoir est l’outil indispensable pour arriver à ses fins. Thucydide nous parle d’un État grec (Athènes) laissant de côté la protection commune de la loi au profit des intérêts d’abord. Thucydide nous avertit que l’exercice réussi du pouvoir conduit souvent même à la pléonexie, autrement dit au désir toujours insatisfait d’en avoir plus. Aujourd’hui, nous voyons un parallèlisme dans l’expansion des menaces américaines : ses actions militaires contre le Vénézuela avec le prétexte du narcotrafic et la menace d’effondrement de Cuba (en promouvant un changement de régime forcé sur l’île).

Traduction du grec : Nous avons échoué en tant qu’hommes sur les trois plus grandes passions : La gloire, la peur et l’intérêt.

 

 

 

 

 

 

 

Les pays neutres deviennent des ennemis. Thucydide est clair dans son passage d’ouvrage Le Dialogue des Méliens en 415 : lorsqu’une superpuissance voit un désaccord régional à régler  militairement, elle risque de surexploiter ses ressources et son capital moral. En menaçant la Colombie par exemple, un allié traditionnel, les États-Unis transforment les “neutres” en ennemis exactement comme les Méliens avertissent les Athéniens. Les Méliens soutiennent qu’ils constituent une cité neutre et non ennemie, donc Athènes n’a aucune raison de la conquérir. La réponse d’Athènes est l’impossibilité d’être neutre et du choix existentiel entre liberté et destruction totale.

Une histoire de légimité. Pour Thucydide, le pouvoir ne se résume pas aux interventions militaires victorieuses donc du plus fort, il s’agit de légitimité. Lorsque Athènes a commencé à agir tyranniquement envers ses anciens alliés, ces derniers ont commencé à obéir au début uniquement par peur. La violation de la souveraineté de certains pays est alors condamnée. Thucydide soutient qu’un État qui gouverne uniquement par la force (pour faire naitre la dépendance) finit par faire face à une résistance à un moment donné. Les Méliens ont refusé de se soumettre et Athènes détruit toute l’île. Avec la défaite finale d’Athènes (son fiasco en Sicile en 413 + perte de sa guerre contre Sparte en 404 av. J.C.), le général spartiate Lysandre chassa les colons athéniens de Milos et ramena les descendants des anciens habitants sur l’île. Sparte fit de Milos un membre de Sa Fédération. L’histoire est à suivre aujourd’hui, quant aux pays latino-américains devenus soupçonneux.

Réécrire les règles du XXIe siècle ? Thucydide ne croyait pas que le fait d’être puissant soit un crime, mais il croyait que le pouvoir sans limites peut être un piège. En imposant sa volonté de manière aussi décisive au Venezuela et en menaçant de faire de même en Colombie et à Cuba, les États-Unis testent leur capacité à réécrire les règles du XXIe siècle ? Α vous de tenter de répondre à cette question.

 

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