Le pogrom de 1955 contre les Grecs de Constantinople

Le pogrom de 1955 contre les Grecs de Constantinople ou l’attaque violente organisée par les Turcs dans le quartier de la minorité grecque à Istanbul.

 

Le 6 septembre est une journée de commémoration, de méditation, de conscience de soi, de tristesse […]  Une terrible campagne visant à installer l’intimidation, l’humiliation et la destruction économique d’une communauté florissante qui a poursuivi la tradition séculaire, en conservant le privilège du plus ancien groupe religieux, ethnique et culturel, tout ceci avec l’empreinte de l’ancien empire (byzantin) dans le nouvel État national. […]. Le saccage n’a duré que neuf à dix heures : De l’après-midi du 6 septembre jusqu’ à 2 heures du matin (ou un peu plus tard dans certains quartiers où le contrôle se perdait) […].

 Source www.apan.gr de Marianna Koromila, 9-9-2020

Soixante-cinq années consécutives se sont passées depuis septembre 1955. Il s’agit du terrible pogrom organisé par le gouvernement d’Adnan Menderes contre les Grecs de Constantinople et contre les cibles des alliées des Grecs à Izmir dans l’après-midi du 6 septembre 1955. Des faits horribles, le bilan impensable. L’humiliation extrême.

Les cibles touchées étaient environ au nombre de 8140, dont

  • 72 bâtiments religieux chrétiens orthodoxes,
  • 3 cimetières,
  • 26 écoles,
  • 11 cliniques,
  • 3504 maisons,
  • 21 usines,
  • 27 pharmacies,
  • 4348 magasins et
  • 110 pâtisseries.

Le monde chrétien abattu. Les tombes ouvertes et pillées dépassent les 100, la destruction et le vol d’icônes et autres précieuses reliques ecclésiastiques dépassent le nombre des 700. Les actes de violence commises contre les Grecs (héritiers de la Nouvelle Rome du 4e siècle) étaient innombrables; le dénigrement de popes dans les quartiers, l’incendie d’épitaphes dans les cours des églises et plein d’autres incidents odieux qui se sont produits dans un laps de temps de 7-9 heures se révelent sans précédent. Un petit nombre de propriétés arméniennes et juives, quelques églises arméniennes et une synagogue juive ont également été attaquées.

65 ans de silence: Le gouvernement grec d’Alexandre Papagos (devenu gravement malade) est remplacé en octobre 1955 par celui de Konstantinos Karamanlis mais tous sont restés silencieux parce qu’il y avait d’intenses pressions de la part des alliées, en particulier de la part du ministre américain des Affaires étrangères John Foster Dulles, lequel a «appelé les deux parties à faire preuve de retenue et de réconciliation» (!). Cela fait 65 ans et le silence ne s’avère être ni une retenue ni un pas positif vers la réconciliation. Nous semblons commencer à le réaliser. Même les Turcs eux-mêmes : des scientifiques, des politiciens et des journalistes ont amorcé la recherche de preuves afin de comprendre ce qui s’est vraiment passé. Mais pas tout le monde bien sûr et surtout pas la partie gouvernementale officielle turc.

Mais le même silence insupportable est exprimé par la partie grec officielle. On a seulement par ci par là un article d’actualité, une référence à la tragédie via divers médias… Celui qui se souvient des évènments s’exprime peut-être maintenant avec plus de densité, en raison de la situation scandaleuse en Méditerranée avec les menaces lancées par le président turc et ceux qui l’entourent… et puis l’oubli réapparaît. La partie américaine ne s’est pas encore exprimée non plus. Silence insupportable, oubli coupable. Devant la destruction de l’hellénisme, on peut ajouter ce crime qu’est le silence. Mais attention : les insultes grandioses contre le peuple turc, les crises désobligeantes et les soi-disant menaces, les adjectifs sarcastiques et humiliants prononcées (comme ceux que nous entendons si souvent de diverses personnes) n’honorent personne, en particulier ceux qui les exposent. De plus, ils ne fournissent rien de positif. Ni, bien sûr, l’humeur vengeresse et les hymnes de libération. Rien de tout cela n’a un impact substantiel – à l’exception d’une augmentation soudaine de l’audimat, du vote, des partisans éphémères, des admirateurs de café pour chaque voix qui s’élève plus forte. Mais nous avons besoin de savoir. Soixante-cinq ans après les émeutes de septembre, nous devons examiner à nouveau l’affaire en reconsidérant toutes les parties directement concernées : Turquie, Grèce et Chypre, Grande-Bretagne ainsi que les Etats-Unis.

L’étude de S.Vryonis. L’étude la plus complète avec des données détaillées et des recherches d’archives exhaustives sur l’attaque organisée dans le centre commercial de Pera, dans tous les quartiers chrétiens de la ville ainsi que sur le vandalisme et la destruction des églises orthodoxes provient du professeur gréco-américain Speros Vryonis  dans l’ouvrage grec “O Μηχανισμός της Καταστροφής” ( = Ο Μichanismos tis Katastrofis). “Le pogrom turc du 6 au 7 septembre 1955 et l’anéantissement de la communauté grecque d’Istanbul ” (édition Estia, Athènes 2007) a été publié en 2005 en anglais avec le titre «The Mechanism of Catastrophe: “The Turkish Pogrom of September 6–7, 1955, and the Destruction of the Greek Community of Istanbul”. Rien qu’en lisant l’Introduction de 40 pages, on en apprend déjà beaucoup.

Source www.apan.gr de Marianna Koromila, 9-9-2020

Αujourd’hui, les Grecs de Constantinople ne sont plus que 1.000 environ alors qu’ils étaient presque 100.000 en 1955.

 

 

 

 

 

 

Qui étaient les pilleurs ? Les pillages ont eu lieu dans la nuit du 6 au 7 septembre du soir au petit matin et c’est au dernier moment que l’armée est intervenue. Jusque-là, les autorités étaient indifférentes et facilitaient les pillards dans leur but de détruire. Le mécanisme du Parti démocrate, qui contrôlait les syndicats, a joué un rôle majeur dans les conflits à venir.

Un grand nombre de manifestants sont arrivés d’Asie mineure de l’Ouest gratuitement, soi- disant pour un montant de 6 dollars qui ne leur a jamais été donné finalement. 4 000 taxis les ont transportés sur les lieux des émeutes et des camions de la municipalité d’Istanbul ont été déployés vers les points de destruction dans la ville : ils étaient chargés de haches, de pelles, des, haches, des marteaux, de pieds de biche et de bidons d’essence… bref tous ces accessoires nécessaires à la foule de pillards qui étaient décidés à saccager les magasins grecs avec les slogans « Mort aux Giaours ( = infidèles)», « Massacrez les traîtres grecs », « A bas l’Europe » et « Allons marcher vers et contre Athènes et Thessalonique ». La colère de la foule n’a pas épargné certains magasins arméniens et juifs.

Source: SanSimera.gr

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