L’île de Kinaros, un paradis bleu en Egée

L’île de Kinaros, un paradis bleu au milieu de l’Egée. Un îlot grec inhabité à voir si vous êtes en bateau près de l’île d’Amorgos.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lors de mes vacances à Amorgos avec mon époux, j’en ai profité pour venir sur l’île, il y a quatre ans, sur un petit yatch appartenant à des amis français. Nous avons choisi les meilleurs jours de l’été 2016 pour arriver sur l’île de Kinaros et nous n’y sommes restés qu’une journée. Nous sommes entrés dans le premier bras de mer pour voir au fond une vallée profonde. La mer était merveilleusement turquoise et puis nous voyons Rinio dont j’avais déjà entendu parler. Elle était en super forme malgré son âge (autour de 67 ans) et elle nous a donné de loin quelques conseils pour rester sans problème au mouillage autrement dit à petite distance de son petit port perso !  Nous sommes venus la voir et elle nous a tout de suite chaleureusement accueillis sans aucune crainte. Nous remarquons qu’elle vit de vraiment peu de choses. Elle vit plutôt avec ses souvenirs (beaucoup de photos) et sa tenacité patriotique ; celle de rester sur l’île jusqu’à sa mort de peur que l’île soit prise par les Turcs qui veulent prendre les îles de l’Egée.

 

Où est Kinaros ? C’est une toute petite île longue et étroite de même pas 5 kms2 se trouvant dans le complexe des îles du Dodécanèse à l’est de l’île d’Amorgos (18 mille marins, 1h30 de bateau) et à 6 mille marins de l’îlot de Levitha. Le point culminant de l’île est de 300 mètres. Kinaros a une altitude de 18 mètres au dessus du niveau de la mer. C’est une île rocheuse et aride. Quelques chèvres errent par ci par là. Seuls les profondes baies du sud de l’île protègent les bateaux arrivant sur l’île. Le bras de mer le plus au sud semblent couper l’île en deux tellement il est profond.

Les édifices de Kinaros. Au nord de l’île, on peut voir la petite chapelle de Saint Georges avec quelques bâtiments à côté, à part l’humble maison au bord de l’eau de la seule habitante de l’île. On dit que des vestiges archéologiques d’activités résidentielles ont été trouvés au sommet de l’île mais je n’y suis pas allée. Il y avait probablement une petite agglomération sur l’île quand Amorgos était très active.

 

 

 

 

 

Kinaros est habitée par un seul habitant. Depuis 2013, le seul résident permanent de l’île est Irini Thiraiou (on l’appelle aussi Rinio), une femme grecque originaire d’Amorgos qui est arrivée sur l’île en 2000 tout droit d’Australie. Elle est restée toute seule aujourd’hui sur l’île car son mari Mikès originaire de Kalymnos est décédé en 2013. Son fils habitant Kalymnos vient l’aider pendant 2-3 mois par an mais pas plus car il n’y a rien sur l’île qui puisse lui permettre de subvenir aux besoins de sa propre famille.

La maison de Rinio au petit port (photo tout en haut). Elle nous raconte un peu l’histoire de sa vie. Sur cette île, avec son mari, elle avait retapé la petite maison de son père originaire de Kinaros (la maison était une petite taverne). C’est un tout petit bâtiment blanc avec le drapeau grec peint sur le toit. Ils avaient de l’électricité grâce à un système photovoltaïque. Ils prenaient de l’eau d’une citerne et d’un puits près du rivage car il n’y a pas de source sur l’île. Ils avaient quelques chèvres et pêchaient. Leurs vies coulaient tranquillement loin de la folie du monde. Aujourd’hui, la “dame de Kinaros” s’occupe de ses animaux avec son gros chien de compagnie. Elle va allumer son cierge à la chapelle de St Georges. Elle va s’occuper du tombeau des trois hommes enterrés récemment sur l’île suite à un accident mortel ayant eu lieu en hélicoptère. Et enfin, elle préserve bien ses vivres pour tenir le plus longtemps possible. Le soir, elle regarde sa télé.

La tragédie de 2016. En février 2016, un hélicoptère AB212 de l’armée marine tombe sur l’îlot de Kinaros. Les trois passagers sont retrouvés morts suite à un vol de nuit trop bas. Il s’agissait du lieutenant Anastassios Toulitsis, du lieutenant co-pilote Konstantinos Pananas et de l’opérateur-radar Eleftherios Evangelos. Rinio prend soin du monument dédié à ces ‘héros” de l’armée et sent que, même seule vivante sur l’île, les ennemis turcs ne prendront jamais l’île. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La vie est difficile en hiver. Tous les vivres dont l’habitante a besoin arrivent sur l’île en bateau d’Aiyiali d’Amorgos chaque semaine quand le temps est bon mais en hiver, les choses sont bien plus difficiles. Son fils et sa fille habitant sur les îles d’à côté ne peuvent lui rendre visite pendant les fêtes de Noel. Il est difficile d’approcher l’île car des vents violents y soufflent presque sans cesse. Heureusement que l’armée grecque n’est jamais vraiment loin d’elle en cas de besoin urgent (médécin, manque de vivres, mauvaise communication téléphonique ou autres).

L’histoire de l’île de Kinaros en bref. Au 18ème siècle, les habitants d’Amorgos ont donné refuge aux pirates sur cette île, vu que beaucoup parmi eux étaient originaires d’Amorgos. Au milieu du 19e sc, une opération navale franco-grecque a lieu et les pirates Gavalas, Gialas et Koutsoulas de Kinaros sont chassés de Kinaros. Depuis la fin du 19e siècle, il n’y a plus qu’une dizaine d’habitants jusque dans les années 1960 et plus que deux familles jusqu’en 2000. Après la seconde guerre mondiale, Kinaros a été annexée à la Grèce avec le reste des îles du Dodécanèse en 1948.

Kinaros fait partie du réseau Natura 2000. Elle protège surtout les oiseaux étant donné que l’île est propice à leur reproduction en mer Égée. Certains parmi eux sont le goéland d’Audouin et le faucon Eléonore. Comme c’est une île déserte, les oiseaux y trouvent leur tranquilité, c’est certain.

Aimeriez-vous, vous aussi, voir l’île de Kinaros ?

 

Vous souhaitez en savoir plus ?

Et Recevoir ma Newsletter ?

Insérez votre Email ici :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *