Villages grecs en Italie

Il y a encore des villages en Italie où on parle le grec. Les Grecs du talon de l’Italie s’appellent les Grikos. Cette minorité grecque forme l’union des communes de la Grèce Salentine.

 

 

 

 

 

 

 

 

La langue Griko est une langue hellénophone millénaire encore parlée dans la région de Salento. Elle est transmise oralement de génération en génération pendant des siècles. De tradition orale grecque, elle devient langue écrite en lettres latines (elle a ses règles dont sa morphosynthaxe) et elle peut être enseignée et apprise. D’une langue de communication, elle devient une langue d’étude et de culture, témoignant en même temps d’une civilisation disparue aux origines grecques lointaines.

 

 

 

 

 

 

L’histoire de Salento. Des colonies grecques s’installent depuis le 8e sc av.J.C. sur les côtes du sud de l’Italie. C’est la Grande Grèce ou Magna Graecia. Et puis, l’empire byzantine au 9e et 10e sc après J.C. comprend le sud de la péninsule italienne et répand la culture et la langue grecques tout en  professant les dogmes de la religion orthodoxe. Avec la fin de la domination byzantine au 13e sc et les invasions qui suivent, les temps difficiles sont arrivés pour le clergé grec qui est n’est resté actif que dans une partie du talon de la botte italienne. Les moines catholiques occupent les églises orthodoxes et la langue grecque se parle de moins en moins. Les Grikos gardent cependant les rites chrétiens orthodoxes pour les baptêmes et mariages. Dans les années 90, les choses changent. Un consortium des municipalités de la Grecìa Salentina est officiellement créé, sous la loi italienne. La culture avec la langue grikos est ainsi sauvegardées, y compris grâce au tourisme. En 2001, à l’initiative de 9-10 municipalités, l’Union des municipalités de Grecìa Salentina est créée. La « grécité » dans la région de Pouilles est là pour rester à Salento.

Voilà plus bas une description des villages de la Grecia Salentina que j’ai visités l’été dernier avec mon mari…  

Mais où loger dans la région de la Grecia Salentina ? Nous avions réservé à Le Case Grikè Salentino au centre du village de Martignano que je décris plus bas. Un complexe superbe pas loin de mon village préféré qui était Calimera.

Calimera est une petite ville de 7000 habitants. Il y a là la communauté la plus forte de Grikos. Ils parlent encore facilement le dialecte gréco-italiote. Est-ce depuis l’époque où les Grecs sont arrivés autour du 8e sc av.J.C pour créer des colonies ? Je ne suis pas sûre… je pense qu’il y a eu des intermittences. En 1960, Athènes a fait don à Calimera d’une stèle funéraire du 4ème siècle avant JC avec l’inscription: « Zeni sù en ise ettù sti Kalimera » autrement dit “Vous n’êtes pas un étranger, ici à Kalimera”. Une offre touchante pour cette minorité faisant tant d’efforts pour préserver sa culture.

 

 

 

 

 

Martano se trouve à 1 km au sud de Calimera. Martano est la plus grande ville de la Grecia Salentina avec 9000 habitants. Martano est superbe avec sa vieille ville du 15e siècle. Les habitants parlent bien le grikos ici aussi. Les victoires militaires du grand empereur byzantin Basile 1er au 9e sc sur les Arabes et des Lombards a provoqué, notamment dans le Salento dont à Martino, une immigration massive de toutes les périphéries de l’Empire byzantin en vue d’échapper aux incursions arabes en Grèce. Les terres abandonnées depuis des siècles ont enfin été recultivés. Je stoppe dans les rues de Martano devant la “Panetteria” ou l’Artopoleio d’Antonio et mon petit voyage dans l’histoire s’arrête devant un petit pain grec.

 

 

 

 

 

 

 

Castrignano dei Greci se trouve un peu plus bas, à 4 kms de Martino. C’est un gros village de 3500 habitants environ. Un habitant dans un café du coin me racontent que pendant la 2e guerre mondiale, les habitants parlaient couramment le grikos dans la région dont à Castrignano bien sûr. Dans la période d’après-guerre, en raison de facteurs socio-économiques comme l’émigration, la radio et la télévision), le nombre de locuteurs du grikos a progressivement diminué. Je poursuis ma balade dans les rues d’une cité qui avait été fortifiée pour repousser les attaques ennemies, d’où le nom du village. Je suis allée voir la crypte restaurée d’Aghios Onoufrios qui porte des traces d’hagiographies et qui a une inscription grecque datant de 1237.

 

 

 

 

 

Corigliano d’ Otranto se trouve au sud-ouest, à 3 kms de Castrignano. Les rues et cours pittoresques du centre historique de Corigliano décore un beau Castello au cœur du Salento datant de la Grèce antique. L’origine byzantine de cette ville de langue grecque se reflète dans les noms de ses rues, mais aussi dans les histoires que racontent les Grikos. J’ai adoré la visite des églises et la Tour de l’horloge civique.

 

 

 

 

 

Melpignano est une commune de 2000 habitants près de Corigliano. Situé à 25 kms au sud de la capitale provinciale Lecce, ce village appartient lui aussi à la Grecìa Salentina, une “île linguistique” où on parle aussi dans les rues le Griko. Je me promène dans les rues étroite du village et quelques femmes atablées font des conserves de légumes en accompagnant mon grec… quelle familiarité Melpignano comprend une zone industrielle mais j’ai aimé au centre son palais et son couvent historiques.

 

 

 

 

 

 

 

Soleto est une très belle agglomération de 5500 habitants au milieu de Salento toujours en Pouilles avec de superbes églises et campaniles. Soleto a des racines qui remontent loin puisqu’on y parle encore bien le Griko écrit en grec italique bien conservé à travers les siècles. Je suis allée voir l’église de Santo Stefano dans la petite ville. Elle a été construite au XIVe siècle et il contient de nombreuses fresques byzantines anciennes de grande valeur. Quoiqu’il s’agisse d’un monument très important, l’église est peu connue des touristes.

 

 

 

 

 

Sernatia est un village qui se trouve au nord-est à 5 kms de Soleto. C’est une ville de 2.500 habitants avec une belle place pleine de monuments et de petites rues sinueuses colorées sur le fond de la couleur chaude de la plupart des monuments. Dans ce village aussi, le dialecte Griko reste vivant à travers les siècles, non pas par l’écriture, mais plutôt par la musique et les chansons. Sternatia possède une riche tradition culturelle et spirituelle. C’était un centre où on recopiait des manuscrits et où on diffusait la pensée philosophique grecque antique.

 

 

 

 

 

 

Zollino est une petite ville de 2000 habitants au coeur des villes énoncées plus haut. Ses habitants reproduisent les traditions religieuses propre au Griko. Ils font tout pour sauvegarder les biens immatériels et valoriser la minorité linguistique de langue grécisée, le griko. J’ai connu un de ses jeunes habitants qui a décidé d’étudier la langue grecque à l’université. J’ai bien aimé faire un tour dans la campagne généreuse, riche et fertile près de la ville.

 

 

 

 

 

 

 

Martignano est un petit village à un kilomètre au sud-ouest de Calimera. Ses origines remontent à la période de la colonisation byzantine de Salento. Ce village conserve plusieurs églises construites au 17e siècle et elles étaient encore officiées en Griko. C’est seulement après le 17e sc que la majeure partie de la péninsule du Salento voit s’imposer le rite latin. C’est un joli village 1.500 avec de belles églises et puis le palais Palazzo Palmieri datant du 18e siècle abritant le parc touristique culturel du même nom.

Carpignano Salentino est un village à 6 kms au sud-est de Martano. Il compte autour de 3500 habitants et est seulement à 15 kms d’Otranto au bord de la mer. A Carpignano, on peut voir la belle place (photo plus bas). En allant dans ce village, je n’ai pas manqué de voir la Cripte de Sainte Cristina du 10e sc dont la petite façade cache une belle surprise avec les fresques byzantines décorant la crypte (photo plus bas à gauche). Madonna de la Grotte pas loin de Carpignano a aussi des œuvres d’art byzantines, ainsi qu’une icône de la Vierge. L’église byzantine de Santa Marina in Stigliano est superbe à la périphérie de Carpignano Salentino.

 

 

 

 

 

Voilà ce que j’ai vu dans la zone de Grecia Salentina. Tous les villages faisant partie de cette communauté Griko sont magnifiques et plein de traces de la gloire médiévale. Aimeriez-vous, vous aussi, les visiter tout en découvrabt la culture Griko ?

 

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